Les professionnels du secteur de l’immobilier alertent sur la flambée des prix des matériaux de construction. En cause le monopole des trusts qui dictent le prix de la construction en France !

Fabien Piersanti, président de la Délégation territoriale du Var de l’observatoire  immobilier de Provence (OIP) regrette qu’acteurs et prestataires du secteur de l’immobilier subissent cette crise sans précédent depuis 6 ans, non sans dommages, alors que la filière immobilier – construction, du BTP à la promotion immobilière, des bailleurs sociaux aux agences immobilières, constitue l’un des principaux piliers économiques du Var tant en termes d’emplois (42 300 emplois – 76 100 emplois induits) qu’en termes de CA (7Md€ de CA annuel – hors retombées économiques indirectes).

Il déplore la rareté des constructions neuves, constate que 72% des varois demandent davantage de logements à acheter ou à louer, 28% des actifs varois sont hébergés chez un tiers ou sans abri. Selon lui, ce sont 20 milliards annuels qui manquent aux finances publiques par défaut de suffisamment de logements.

Pour sortir de ce mauvais pas, le manifeste de l’OIP et ses 21 propositions de mobilisation prônent un dialogue entre élus et acteurs du logement, des autorisations de production de logements, un soutien aux actifs et primo-accédants, et demande au gouvernement et aux parlementaires des mesures ambitieuses d’ici 2030 !

Baromètre– Bilan de conjoncture du 1er semestre 2026 – Du Chaud et froid

Des progrès encourageants sur le logement social aux transactions à la hausse (+11,4% en France ; + 27,9% pour la maison individuelle), tout est fragilisé par l’impact négatif des coûts des matériaux ou des taux d’intérêts. La production des logements neufs est au plus bas et la filière BTP enregistre des défaillances d’entreprises et des carnets de commandes vides, destructrices d’emplois.

Sur le segment du marché du logement locatif

Les prix des loyers sont globalement stables après des hausses continues et disparates entre littoral et intérieurs de pays varois.

  • Le prix moyen locatif est de 13,73 € / m² hors charges, avec des variations de 10,68 € dans la Vallée du Gapeau à 16,01 sur Saint-Tropez.
  • A Toulon, il oscille entre 9,29 et 18,43 € / m² hors charges.

Localisation, qualité du bien et performance énergétique demeurent les principaux leviers de la valorisation locative.

Sur le segment du marché de la transaction

Après 3 ans de fortes contactions, le volume des transactions est reparti à la hausse.

  • +11% sur un an en France en 2025 (proche du niveau 2019).
  • Dans le Var, le marché est dynamique car attractif : 25,4% de part régionale, où la demande persiste et les ventes évoluent de 2,1%, avec un taux de rotation de 3,1% supérieur à celui de la Région Sud (2,9%) et à celui de la France (2,5%).

En 2026, une prévision haussière plus modérée que l’année passée accompagnée d’une augmentation limitée des prix.

Pour le logement existant, la reprise se confirme, sans emballement :

  • 23 283 ventes dans le Var sur 12 mois glissants à fin février 2026 (+10,2 %)
  • En France : 958 000 transactions (+11,4 %)
  • Prix des appartements dans le Var : 4 688 €/m² (+1,5 %)
  • Prix des maisons : 3 895 €/m² (+1 %)

La hausse des taux (autour de 3,2 %) stoppe l’amélioration du pouvoir d’achat immobilier.

Sur le segment du marché du logement neuf, un marché qui respire à peine

A propos du volume disponible à mettre sur le marché, au niveau national et depuis 2 ans, les permis délivrés sont passés de 19 500 à 16 000 par an. Dans le Var c’est moitié moins : 8 000 permis en 2024 contre 3 750.

  • Les mises en vente : 756 logements mis en vente en 2025. C’est 40 % de moins qu’en 2023, et environ 40 % du niveau de 2022. La crise de l’offre est une réalité tenace.
  • Les réservations nettes sont globalement stables (+2 %), mais à un niveau historiquement bas, et les ventes en détail (hors bloc) reculent encore de 12 %, représentant moins d’un tiers des volumes de 2022.
  • Le prix moyen dans le Var : environ 5 500 €/m², en légère baisse par rapport à 2024 (5 669 €), mais qui reste à un niveau très élevé. La rareté entretient les prix.

Sur le segment des architectes

‘Pas une seule grue en ville pour le logement’
Olivier Mathieu, président du syndicat des architectes du Var, déplore un foncier de plus en plus rare –donc de plus en plus cher et l’impact des crises à répétition sur les devis : + 5, 10 voire 15% et qui ne redescendent plus ainsi des prix HT du m² à la hausse de 20 à 30% en cinq ans ! Cela fait fuir les primo accédants. Cité en exemple, le prix d’un tableau électrique livré valait 8 à 10 000 € alors qu’il s’établit aujourd’hui à 18 000 €.

Le syndicat pointe les profiteurs de crises ‘ces trusts et le monopole sur les matériaux qui dictent le prix de la construction en France’. Et alerte en appelant à  ‘casser ce problème !’. Par ailleurs, il préconise un changement de méthode, l’échelon administratif communal ne fonctionne plus. Désormais, l’ambition d’urbanisme est pensée à l’échelle de l’intercommunalité pour libérer du foncier et construire du bâtiment.

Sur le segment du marché de la maison individuelle

Un seul point de lumière : les mises en chantier progressent de 21,2 %. Un rebond à mettre en perspective avec un point de départ très bas (4 160 logements commencés entre mars 2025 et mars 2026, contre 9 000 par an entre 2019 et 2020).

Sur le segment du marché du logement social

Avec 11 000 logements en 2025 en Région et 2 200 agréments dans le Var, on a l’apparence d’une relance en partie due au ‘coup de pouce’ de l’Etat impliqué dans la rénovation et aux opérations ANRU de reconstruction des centres ville historiques ce qui a contribué à doubler les acquisitions.
Ces bonus sont délivrés annuellement et tardivement compliquant les schémas et projections. Une pérennisation à terme de ces financements permettrait d’envisager de multiplier par deux la production, à 3 800 logements par an. Par contre les besoins dans le neuf atteignent près de 48 000 demandes.

Secteur de la construction – Le BTP, poumon économique du département, souffre sévèrement

Le circuit ne peut pas continuer avec des marges faibles de 2 à 3%.

  • Un indice : des ventes en volume de béton prêt à l’emploi (BPE) qui ont chuté de -15,6% l’an ;
  • L’emploi est défaillant : les intérimaires enregistrent – 13, 8% : ce sont 300 ETP en intérim qui ont été perdus dans le Var en un an !
  • Pour les salariés : – 2,5%, ce qui représente 850 emplois salariés perdus !
  • Les fermetures d’entreprises de la construction atteignent -3,3% sur un an à fin 2025… 330 défaillances d’entreprises en 2025, bien au-dessus du niveau d’avant-crise !
  • Les appels d’offres publics en chute de 12,5 % en nombre, et de 19 % en valeur et les hausses de matériaux : PVC +30 %, bitume +30 %, peinture jusqu’à +25 %… impactent.

En guise de conclusion, un constat …avec dépit : ’La politique du logement, c’est Bercy qui la fait…’.
Clairement la relance est encore loin d’être acquise mais les membres de l’OIP réaffirment leur volonté de sortir par le haut, par un dialogue avec les maires du Var.

AUTEUR : Informations_Presse (echosud.fr)