Entretien avec Jean-Louis Kérignard, délégué départemental de la Société nationale de sauvetage en mer

La SNSM du Var nous ouvre les coulisses d’une association atypique. Elle assure une mission de service public le sauvetage des vies en meravec un financement provenant principalement de la générosité du grand public –dons, legs…, et de dons privés solidaires constituant jusqu’à 74 % de la ressource !

Jean-Louis Kérignard, délégué départemental de la Société nationale de sauvetage en mer, la SNSM du Var

Jean-Louis Kérignard

Officier de marine, responsable de la planification et de la conduite des opérations aéromaritimes, Jean-Louis Kérignard a commandé des forces multinationales dans les zones de conflits. Voileux, plongeur, il a servi pendant 37 ans dans la Marine nationale, et terminé au grade de vice-amiral.

‘Retraité’ depuis 2012 et… toujours actif, il a rejoint la Fondation du Camp des Milles en créant et en dirigeant le pôle de formation continue sur les thèmes de l’exercice de l’autorité et de la lutte contre la discrimination. Depuis 2013, son cap l’a acheminé chez les Sauveteurs en mer, comme bénévole.

Ci-contre : Jean-Louis Kérignard, délégué départemental de la Société nationale de sauvetage en mer, la SNSM du Var

Secours à la personne

Selon Jean-Louis Kérignard, l’essence du bénévolat se traduit par ‘Servir les autres‘ ou le don gratuit ; de plus il place la culture maritime au diapason de l’amour de la mer et de l’esprit d’équipage, telles les principales valeurs innées ou acquises des femmes et des hommes engagés au cœur de la SNSM.

À cela, Jean-Louis Kérignard formule deux points impactants à prioriser :

  • Donner l’envie à quiconque de rejoindre notre association, le recrutement est la clé, quel que soit l’âge18 à 67 ans, car la pérennité provient du renouvèlement.
  • La responsabilisation du skipper avant de ‘larguer les amarres’, quand on prend la mer j’en appelle à cette prise de conscience du ‘patron’ vis-à-vis de son équipage embarqué. Il s’assurera de l’armement de l’embarcation et vérifiera notamment le bon état du matériel et des équipements sécurité ; il affichera ses propres capacités:savoir naviguer, connaitre le code de conduite en mer, prendre les prévisions météo. Savoir qu’un Bulletin Météorologique Spécial (BMS), est diffusé dès que les conditions météorologiques présentent un danger pour la navigation. Soyez responsable !
entrainement de groupe

Un entrainement de groupe de la SNSM du Var – Photos fournies par SNSM DD_83

L’histoire de la SNSM 

Par décret impérial du 12 février 1865, la Société centrale de sauvetage des naufragés (SCSN) est fondée. En 1967, la SNSM verra le jour sous la forme d’une association loi 1901 à vocation première de secourir bénévolement et gratuitement les vies humaines en danger en mer et sur les côtes, elle sera reconnue d’utilité publique en 1970. Grâce à son agrément de sécurité civile, elle peut aussi réaliser des missions de secourisme et assurer la sécurité lors de manifestations nautiques ou terrestres.

La SNSM est dirigée par un président bénévole élu par son conseil d’administration, composé de 24 membres désignés, pour un mandat de 6 ans. Le Comité de direction est, depuis 2022, présidé par Emmanuel de Oliveira. Cette gouvernance certes centralisée repose de fait sur l’engagement d’hommes et de femmes issus du terrain : présidents de stations, directeurs de centres de formation, sauveteurs et formateurs bénévoles et… 28 délégués départementaux. 
Le délégué départemental, est nommé par le président national, dans chaque département côtier, d’Outre-mer et dans quelques départements intérieurs de l’Hexagone. Lien entre le siège et les entités opérationnelles sur le littoral, c’est un animateur, coordinateur des stations de sauvetage et du centre de formation et d’intervention de sa zone…

Une direction générale subdivisée en services emploie 140 salariés auxquels abondent les actions au quotidien de 10 000 bénévoles opérationnels dont les 2/3 embarqués.

sns 078 en helitreuillage

SNS 078 en hélitreuillage – Crédit photo Grégory Célestin

Les missions : SAUVER, FORMER, PRÉVENIR

‘Chaque jour, nous agissons pour protéger la vie humaine en mer et sur le littoral, former les futurs sauveteurs et mener des actions de prévention partout en France métropolitaine et outre-mer.’.

Sur tout le littoral, les bénévoles sont répartis dans 188 stations permanentes (plus une quinzaine armées uniquement l’été), 32 centres de formation et d’intervention, et 229 postes de secours sur les plages. Au niveau parisien, les salariés du siège central accompagnent ces bénévoles au quotidien : formation, soutien technique, gestion de la flotte, finances, communication et développement. 
Le Pôle national de formation de Saint-Nazaire pour la formation des bénévoles ‘sauveteurs embarqués’ et le Pôle de soutien de la flotte de Saint-Malo pour la maintenance des moyens nautiques, complètent ce dispositif. 
Le parcours de formation des équipages de la SNSM au travers des stages d’équipier de pont, d’équipier conduite navire, Nav Ops…,  est officiellement homologué et inscrit au Répertoire National des Certifications Professionnelles, le RNCP.

Organisation d’une station de sauvetage – recettes –dépenses et ressource humaine

S’affairent dans une station, son président, son ‘patron’, son trésorier et ses ‘canotiers’ soit 45 bénévoles au Lavandou (dont 30% de femmes), ou 60 à Hyères… L’essentiel des dépenses de fonctionnement concerne les moyens nautiques. A titre d’exemple pour la vedette de sauvetage du Lavandou, qui mesure 11.7 mètres, le ticket d’entretien atteint 25 à 30 k€ par an. Les recettes, quant à elles, sont générées principalement par les dons de particuliers et les missions d’assistance aux biens.

Écrire un nouveau chapitre entre modernisation et renouvèlement des moyens nautiques

Cette mission revient au chantier naval, dont Couach, contractuellement architecte du renouveau de la flotte de la SNSM. Ce contrat comporte notamment des Navires de Sauvetage Hauturier de première classe de 18 mètres coûtant 2,6 millions € et qui ont une durée de vie de 40 ans ! Un d’entre eux, est affecté depuis peu à la station d’Hyères. 
De tradition, chaque vedette de sauvetage est financée à parts égales par 4 acteurs : la station, le siège national SNSM, le département et la région.

En 2024, les ressources de la SNSM se sont élevées à 71,3 millions d’euros, hors valorisation du bénévolat. L’État à l’occasion du Comité interministériel de la mer a subventionné à hauteur de 7 millions d’euros en 2025.

La vocation première de secourir bénévolement et gratuitement les vies humaines en danger en mer et sur les côtes, n’a pas de prix ! 
Chaque année, les bénévoles de la SNSM interviennent dans plus de 55 % des missions de sauvetage en mer dépendantes de l’autorité des Préfets maritimes et des centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage, les CROSS.

logo officiel de la SNSM

À PROPOS DE LA SNSM _LES SAUVETEURS EN MER

Déclencher les secours en mer
Alerte par Tél. : 196 
Alerte par VHF : Canal 16

Quelques chiffres

32 centres de formation et d’intervention (CFI) dont la mission est de former les nageurs sauveteurs qui surveilleront les plages en saison estivale.

188 stations permanentes métropolitaines et ultramarines qui comptabilisent 756 moyens nautiques10 000 bénévoles30 000 personnes prises en charges par an.  

Le département du Var dispose de 9 stations de sauvetage armées en permanence par 480 bénévoles qui interviennent en moyenne 500 fois par an.

FAIRE UN DON : www.snsm.org  (Cf. L’Avoir fiscal)

Siège de la SNSM : 8, cité d’Antin 75009 Paris – Tél : + 33 1 56 02 64 64

AUTEUR : Informations_Presse (echosud.fr)